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L'Ecriture appelle la grâce du Saint-Esprit tantôt un feu, tantôt une eau;
faisant voir que ces noms marquent, non la substance, mais l'opération.
Car le Saint-Esprit ne peut être composé de différentes substances, puisqu'il
est indivisible, et d'une seule nature. Jean-Baptiste désigne l'une de ces choses
quand il dit : «C'est celui qui vous «baptisera dans le Saint-Esprit et
dans le «feu». (Matth. III, 11.) L'autre est désignée par Jésus-Christ lui-même:
«Il sortira», dit-il, «des fleuves d'eau vive de son cœur. Ce qu'il entendait de
l'Esprit que devaient recevoir «ceux qui croiraient en lui». (Jean, VII, 38.)
C'est pourquoi, dans l'entretien qu'il a avec la Samaritaine, il appelle eau le
Saint-Esprit: «Celui», dit-il, «qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura
jamais soif». L'Ecriture appelle ainsi l'Esprit-Saint un full, pour montrer la
force et l'ardeur de la grâce, et la destruction des péchés ; elle l'appelle une
eau, pour marquer qu'elle purifie et rafraîchit l'âme de ceux qui la reçoivent.
Et c'est avec raison : car tel est un jardin planté d'arbres chargés de fruits, et
toujours verts, telle est une âme vigilante et soigneuse qu'embellit la grâce de
l'Esprit-Saint. Elle ne permet pas, cette grâce, que la tristesse et la douleur,
ni les ruses et les artifices de Satan lui portent la moindre atteinte, elle qui
repousse facilement les traits enflammés de l'esprit malin.
Saint Jean Chrysostome, Homélie XXXII,
Commentaire sur l'Evangile selon Saint Jean
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