MARIAGE :
"Mais au commencement du monde Dieu les fit mâle et femelle ; cest pourquoi lhomme quittera son père et sa mère et sattachera à sa femme, et les deux ne feront quune seule chair." (Mc 10,6-8.)
Ces paroles de notre Seigneur Jésus Christ constituent le fondement de la foi de léglise, selon laquelle le sacrement du mariage est institué avec la bénédiction de Dieu dès le début de la création. Dans son épître aux éphésiens, lapôtre Paul compare lunion entre lhomme et la femme à celle reliant le Christ à léglise. Dès lors, le lien naturel du couple est aussi lien spirituel grâce à la bénédiction du Dieu Créateur et à la sanctification de léglise. Bien que la théologie patristique considère lunion bénie du couple comme un sacrement accompli, elle en souligne aussi la principale conséquence, cest-à-dire la procréation. Signalons que saint Jean Damascène, en résumant la tradition patristique, écrit que le mariage « fut institué » pour combattre lultime ennemi de lhumain, la mort (…le mariage fut institué pour que la race humaine ne soit pas consommée ni anéantie par la mort et quelle soit préservée en générant des enfants.)
Léglise orthodoxe ne célèbre pas le sacrement du mariage :
- Si lun des conjoints appartient à une autre religion ou à une autre confession chrétienne qui naccepte pas le caractère sacramentel du baptême.
- Du 12 décembre au jour de Noël y compris.
- Le dimanche de Pâques.
- Durant le Grand Carême et la Semaine sainte. Note : En cas durgence, sur demande écrite et motivée du prêtre de paroisse, le Métropolite peut accorder une autorisation spéciale de célébrer le mariage durant le carême. Le sacrement nest alors célébré que le samedi ou le dimanche de la 2e, 4e ou 5e semaine du Carême.
- Durant le jeûne de la Dormition de la Vierge.
- Les 5 et 6 janvier, le 29 août et le 14 septembre.
- La présence dun témoin orthodoxe.
- Le certificat de mariage civil, conformément à la législation suisse.
- Le certificat de capacité matrimoniale des conjoints.
- Une autorisation épiscopale de célébrer le mariage.
- Le certificat de baptême du conjoint non orthodoxe (en cas de mariage mixte).
Note :
Lémigration vers des pays à forte majorité appartenant à une autre confession, le développement de la Diaspora orthodoxe et le fait que les jeunes générations prennent progressivement conscience dêtre des chrétiens orthodoxes hormis leur identité nationale, des foyers orthodoxes créés par des croyants dautres nationalités, traditionnellement non orthodoxes, convertis à lorthodoxie, composent la nouvelle réalité – aussi bien quun défi – auxquels est confrontée la pastorale de léglise orthodoxe. Un des aspects de cette nouvelle réalité est le fait inévitable de chercher un conjoint dans une population à majorité non orthodoxe. Cela créa la question des mariages dits mixtes. En connaissance de cause et en dépit des prescriptions canoniques, léglise orthodoxe célèbre ces mariages mixtes par économie et non pas selon la rigueur. Sa seule règle est sa sollicitude pastorale envers ses ouailles. En matière de mariages mixtes, il existe certaines confusions, dues certainement au manque dinformation des intéressés. Dès lors, il importe de dire clairement quun mariage est qualifié de mixte lorsque lun des conjoints est membre de léglise orthodoxe, alors que lautre appartient à une autre église ou un groupe confessionnel chrétien qui dispense à ses membres le baptême au nom du Dieu Trin et qui accorde au baptême un caractère sacramentel. En cas de mariage mixte, celui-ci est célébré par un ecclésiastique orthodoxe (évêque ou prêtre) suivant le rite de léglise orthodoxe. La présence éventuelle dun ecclésiastique appartenant à une autre confession – considérée à tort comme une action conjointe dans une cérémonie mixte – constitue une requête du conjoint non orthodoxe. Cet ecclésiastique opère, selon sa propre pratique ecclésiastique, en dehors du temps du sacrement orthodoxe. Cet accord est issu dun effort louable et digne de soutien, obtenu au sein de certaines commissions locales de dialogue théologique. Les prêtres des paroisses sont toujours à la disposition des croyants pour fournir des clarifications à cet égard.
Remarques :
1. En cas de deuxièmes ou de troisièmes noces, le conjoint intéressé doit joindre le prononcé du divorce civil et le certificat de dissolution par léglise de son précédent mariage. En cas de remariage, à la suite dun veuvage, le conjoint veuf doit présenter le certificat de décès de son conjoint mort.
2. Le certificat de capacité matrimoniale et lautorisation épiscopale de célébrer le mariage sont délivrés par le Diocèse sur avis des prêtres des paroisses.